19.1.10

Remaniement en Ontario - Durcissement de ton envers Ottawa

Dalton McGuinty se sert de son remaniement ministériel de lundi pour envoyer un message subtil aux conservateurs à Ottawa et à ceux de l'Alberta : Si vous voulez jouer dur sur les changements climatiques, l'Ontario est prêt.

La province a une nouvelle ministre des Relations intergouvernementales. Normalement, la simple mention de ce ministère est suffisante pour susciter des baillements involontaires dans la population. En Ontario, le poste est généralement occupé par le Premier ministre lui-même. Depuis 1985, Frank Miller, David Peterson, Bob Rae et Ernie Eves l'ont réservé pour eux. Dalton McGuinty a fait de même depuis 2003 (sauf entre 2005 et 2007).

Mais cette semaine le Premier ministre s'est délesté de cette responsabilité.

"Après la réunion à Copenhague, ça me faisait penser que c'est possible qu'on aura d'autres différences qui mériteront l'attention d'un individu."

En décembre, le bonne entente entre l'Ontario et Ottawa s'est fracturé en raison du dossier des changement climatiques.

"Le ministre Prentice a fait une gaffe majeure, a dit M. McGuinty. Il a géré le dossier depuis le début en anticipant un échec à Washington, et en se cachant derrière les États-Unis [...] Je pense qu'on a perdu une opportunité de démontrer notre détermination à attaquer le changement climatique et qu'on aurait dû être là avec une position qui démontre plus d'ambition de la part des Canadiens et Canadiennes."

Dans le passé, le Premier ministre McGuinty a échangé des paroles vitrioliques avec le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty, après que ce dernier ait qualifié l'Ontario de "dernier endroit où investir". Ottawa et Queen's Park ont également des vues divergentes sur l'assurance-emploi (seulement 30 pour cent des chômeurs ontariens se qualifient et reçoivent 4-mille dollars de moins que la moyenne des Canadiens).

Le Premier ministre McGuinty veut maintenant se tenir au-dessus de la mêlée et envoyer sa nouvelle ministre au front. Ça permet à son gouvernement de jouer la routine du "bon cop, bad cop" face à Ottawa et aux provinces de l'ouest. Ça permet également à Dalton McGuinty de se concentrer sur l'économie et la gestion interne de l'Ontario.
(Avec un déficit de 25 milliards, un taux de chômage qui frôle le 10% et une taxe de vente harmonisée contestée qui rend son gouvernement de plus en plus impopulaire, il n'a pas les moyens de se laisser distraire par les querelles fédérale-provinciales).

Monique Smith

La députée de Nippissing semble la parfaite candidate pour ce rôle.

- Elle a la confiance de son premier ministre (Elle était son chef de cabinet alors que les libéraux était dans l'opposition et elle a remportée en 2003 la circonscription qui était auparavant occupée par le Premier ministre conservateur Mike Harris);

- En tant que leader en chambre, elle a démontré son côté mordant partisan, notamment quand 2 députés conservateurs ont occupé l'assemblée législative pendant 2 jours pour faire obstruction au passage de la loi sur la TVH;

- Elle s'est également montré conciliante au bon moment, en tentant de négocier un compromis avec les partis d'opposition sur la tenue d'audiences publiques sur la même TVH;

- Elle est bilingue, ce qui facilitera le resserrement des liens Ontario-Québec qui font front dans plusieurs dossiers, dont celui des changements climatiques.